Le purgatoire - Dante Alighieri
éditions GF Flammarion, 374 pages, classique
Mon avis : Dante et Virgile nous avaient laissé dans ce boyau qui les ramenait de l'enfer vers la surface de la Terre. Ils arrivent donc au pied du purgatoire, dans l'anti-purgatoire pour être plus précis. C'est en fait la plage qui borde cette "île montagne" que représente le purgatoire. Comme pour l'enfer la représentation et la construction du purgatoire est très structurée, ce qui ma frappé d'ailleurs c'est une certaine symétrie avec la construction de l'enfer. Plus on monte haut sur cette montagne, plus on gravit les corniches, plus l'âme devient pure et digne d'entrer au paradis. Et là, je viens de relire ma chronique de l'enfer et je me rends compte de la grande méprise que j'y ai fait. je disais que Dante dans l'enfer "cataloguait les perversions de l'âme humaine", c'est en fait, ici, dans le purgatoire qu'il le fait. Pour pouvoir gravir les corniches, l'homme doit se débarrasser des mauvais penchants de son âme. Et voici le message principal de ce livre : Chacun doit être le propre docteur de son âme. Ce n'est pas Dieu qui nous soigne, la solution est en chacun de nous et c'est à chacun de la trouver.
Et on arrive à la chose qui m'a le plus surpris dans le purgatoire : c'est de voir à quel point Dante se détache du religieux dans ce livre. Cet aspect très présent dans l'enfer est ici beaucoup moins au profit de la philosophie, avec la notion essentielle du libre arbitre :
" Libres vous dépendez d'une force plus grande,
et de meilleure nature ; c'est elle qui crée
l'esprit en vous, que le ciel ne gouverne pas.
Donc, si le monde présent est dévoyé,
la cause est en vous mêmes, il faut chercher en vous ; (...)"
Dante se permet même, dans cette oeuvre, une critique de la Curie romaine (et d'autres puissants de l'époque)
La deuxième chose qui m'a surpris sur la fin de ce livre et l'arrivée aux portes du paradis, c'est la place prépondérante du féminin, à travers les vertus bien évidemment, qu'elle soient théologales ou cardinale, mais surtout à travers Matelda, la maîtresse des lieux. Nous mettons dès lors les pieds dans une partie très allégorique, presque féerique. Un hors-d'oeuvre idéal pour nous donner envie de dévorer le paradis !
En bref, c'est avec un immense plaisir que j'ai replongé dans cette poésie si particulière de Dante. Si ce volet est un petit peu moins accessible que l'enfer, parce que plus philosophique et allégorique ; il m'a encore d'avantage comblé, allant même jusqu'au coup de cœur ! J'ai beaucoup réfléchi sur ce livre, et c'est précisément ce dont j'avais envie au moment de lire ce livre. Je commence vraiment à comprendre pourquoi cette oeuvre est un tel monument de la littérature, alors même que je n'ai pas du tout la prétention d'en avoir percé les mystères et secrets. J'attends vraiment le dénouement de cette divine comédie avec une grande impatience ; si tout va bien ce sera pour fin avril.
Je remercie chaleureusement Stelphique avec qui j'ai fait cette belle LC, je vous invite d'ailleurs à aller voir son avis tout en poésie
cette lecture a été réalisée dans le cadre du challenge :