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    Bilan 2016

     

    Ça y est 2016 est derrière nous, bonjour 2017 ! J'en profite d'ailleurs pour vous présenter tous mes voeux de bonheur, réussite, prospérité, santé et surtout que vos découvertes livresques soient nombreuses et que les échanges soient enrichissant !

    Bilan 2016

     Si mon année 2016 a été très mauvaise sur le plan personnel, sur le plan livresque elle a été très remplie et très bonne ! Voyons ça tout de suite :

    J'ai démarré l'année 2016 avec les objectifs suivant :

     - une lecture par semaine, soit 52 sur l'année. Objectif atteint puisque je finis l'année avec 62 romans lus !

     - une relecture complète de la saga Harry-Potter au rythme d'un tome par mois. relecture abandonnée dès le mois de février après le tome 2.

     - réaliser un challenge ABC option aléatoire. S'il était très bien parti et que j'ai tenu le rythme jusqu'au mois de août, de gros ennuis personnels m'ont poussé à laisser tomber ce challenge

     - diversifier mes lectures en m'essayant à des genres inconnus ou très peu lu. Objectif largement rempli puisque j'ai découvert la science-fiction avec pas mal de ces sous-genre, j'ai lu ma première romance contemporaine, ma première romance paranormale, je me suis un peu essayé au conte et au fantastique que je lis d'ordinaire très peu !

    2016 une année de nouveautés :

     - le premier Avril avec la création de ce blog. Une expérience très enrichissante, même si j'ai eu des petits soucis de régularité de publication de chronique en toute fin d'année, et je m'en excuse.

     - mes premières bêtas-lecture. C'est une chance incroyable, c'est une expérience magnifique ! Merci encore Julia de me faire confiance, merci pour tous ces échanges qui ne sont même pas toujours livresques.

     - mon premier Service Presse. Ravi par le livre reçu qui fut un véritable coup de cœur, par contre un peu plus dur pour moi au niveau de la chronique, je me suis mis une pression pas possible sur cette rédaction qui a été assez laborieuse. Je vais laisser passer un peu de temps avant de retenter l'expérience, mais je retenterais.

    - de très beaux échanges, des rapprochements avec des copinautes vraiment extra ! je ne vais pas les citer, mais ils se reconnaîtront sûrement ! Qui sait ... l'année prochaine ... peut être une ou deux rencontres en chair et en nonos !

    Mes tops et mes flops 2016 : Si j'ai été plutôt bien servi niveau lectures avec une dizaine de coups de cœur, j'ai également abandonné 2 lectures !

    Mes tops :

     - La meilleure note de l'année 19,5 La dame de Monsoreau d'Alexandre Dumas. Un livre exceptionnel ! Quasi parfait !

     - Mon coups de foudre : Journal d'un marchand de rêve d'Anthelme Hauchecorne. J'ai eu le coup de cœur dès le deuxième chapitre !

     - La claque de l'année : Résilience de Julia M. Tean. Impossible de rester insensible à l'histoire de Vincent !

     - Deux auteurs que j'ai découvert cette année et qui méritent d'être aussi dans ce top : Pierre Pevel et Nathalie Dau

     - ma PAL qui a bien grandi, puisque elle a du passer d'une quarantaine de livres en janvier à presque 140 en décembre !

    Mes flops :

     - La plus mauvaise note de l'année un abandon bien sûr, Le chardon et le tartan de Diana Gabaldon

     - mon autre abandon, la bourgeoise de Gil Debriesac

     - mes grosses déceptions : Le liseur de Bernhard Schlinck et Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee

     

    Place maintenant à l'année 2017, que j'ai, comme vous le savez placé sous le signe des classiques avec le lancement de mon Auto-ChallengeVous avez d'ailleurs été très nombreux à voter pour le premier titre, je vous en remercie énormément ! (les résultats sont d'ailleurs en ligne).

    Sinon pas d'autres objectifs particuliers pour cette nouvelle année, qui sera un peu particulière pour moi, puisque ce n'est pas un, mais bien deux petits bouquetins, dont la venue est programmée pour ce milieu d'année !! Forcément, mon rythme de lecture devrait s'en ressentir ;)

     

     A toutes et tous, encore une fois, BONNE ANNEE 2017, au plaisir d'échanger encore et toujours avec vous !!


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  • Le club des punks contre l'apocalypse zombie - Karim Berrouka

    Le club des punks contre l'apocalypse zombieéditions Actu SF, ebook, science-fiction

     

     

     

     

     

    Synopsis : 

    Paris n’est plus que ruines.
    Et le prix de la cervelle fraîche s’envole.
    Heureusement, il reste des punks.
    Et des bières.
    Et des acides.
    Et un groupe électrogène pour jouer du Discharge.
    Le Club des punks va pouvoir survivre à l’Apocalypse.
    Enfin, si en plus des zombies, les gros cons n’étaient pas aussi de sortie...

    Il est grand temps que l’anarchie remette de l’ordre dans le chaos ! 


    Pourquoi ce livre ? : Dès que j'ai commencé à voir ce livre sur le net, j'ai immédiatement été très attiré par son titre, enfin surtout par le mot punk à vrai dire, parce que les zombies c'est pas tellement ma came. C'est d'ailleurs ce dernier sentiment qui prédominait et qui a fait que j'en ai remis l'achat à plus tard. C'est finalement la chronique de Stelphique qui m'a convaincu de l'acheter.

    Mon avis : Je ne connaissais pas du tout l'auteur avant ce livre, enfin c'est ce que je croyais ! En effet, ce n'est que très récemment que j'ai calculé que Karim Berrouka était le leader des Ludwig von 88, et ça, je connais ! Sachant le bonhomme un peu déglingos sur les bords, c'est avec un intérêt redoublé que je me suis jeté dans la découverte de sa facette d'auteur !

    Et dès le début, et la prise de contact avec nos punks, ça l'fait grave , je suis conquis ! Nous avons tout d'abords Deuspi et Fonsdé, deux punks destroy, tout aussi calés dans les acides et autres "dure" que dans le conneries en tout genre, mais toujours destructrice. Viennent ensuite, Eva la punkette ultra-pacifiste et pourfendeuse de l'exploitation animale et de tant d'autres causes ; Mange-Poubelle le freegan, adepte de la récup à tout va et grand amateur de films de zombies justement. Kropotkine, lui, c'est le théoricien de la bande, l'idéologiste, son anarchie, il l'a vit plus de façon "politique", il croit encore à l'avènement d'une nouvelle ère. Pour que le tableaux soit complet, il fallait bien évidement des punks à chien ! Leurs nom : Glandouille et Pustulle qui ne se séparent jamais de leurs trois clebs : Iench, Destroy et Proudhom. Tout ce petits monde vit dans un squat évidement, ils l'appellent, le collectif 25.

    L'apocalypse zombie, ils la voient plutôt venir d'un bon œil, ils vont enfin pouvoir vivre leur anarchie comme ils l'entendent ! Petit bonus et pas des moindres, ils vont même pouvoir en profiter pour emmerder un peu les keufs ! Seulement ils ne sont pas les seuls survivants, et ne sont pas les seuls non plus à vouloir l'avènement d'une nouvelle ère ...

    Comme vous avez pu le voir avec notre bande de joyeux d'anar, la diversité de la mouvance punk est bien représenté ; mais bien plus que ces punks tous plus savoureux les uns que les autres, la musique punk aura un rôle prépondérant dans l'histoire ! Les références sont nombreuses, si je connais un peu moins la musique punk anglo-saxonne, les références de groupes français m'ont carrément replongé en pleine jeunesse ! Ce livre est une véritable ode à la culture punk !

    Je vous le disais en intro, je m'attendais à du bien barré, j'ai été servi !! Ce monde apocalyptique est déjanté, complètement délirant ! je me suis marré pendant la totalité du livre ! Déjà l'image de nos punks est des plus savoureuse, mais comme en plus l'auteur nous rajoute du mystique avec des visions et hallus qu'on dirait sous acide (elles le sont parfois vous me direz !) ... Ajoutez à cela, une plume brute et percutante, et vous obtenez un bouquin que vous aurez beaucoup de mal à reposer !!

    Alors oui, c'est caricatural, ultra caricatural, même, c'est parfois un peu décousu, mais bordel, qu'est ce que c'est bon ! Et pourtant, derrière tout ce délire, ce côté à côté de la plaque, il y a vraiment quelque chose à ressortir de cette histoire. On se marre, et on en ressort un peu moins con ! Franchement que demande le peuple ??!!

    J'ai franchement adoré cette fin aussi ! Un peu en queue de poisson, mais NO FUTURE quoi !

    En bref, un énorme coup de cœur pour ce livre qui a réveillé mes neurones à crête, qui m'a fait rajeunir de quelques quinze années. Karim, tu m'a fais revivre mes années binouzes / potos / pogos, ces années où le temps d'un festoch, on a vraiment foie en l'humanité et qu'on se dit que le monde est pas si pourri que ça ! Pour tout ça j'ai envie de te dire : MERCI VIEU !!

    Ma note : 19/20 Les lames du cardinal

     

    Ce livre a été lu dans le cadre du challenge :

    Déstockage de PAL en duo : le vrai défi partie 2

    ainsi que pour valider le département de Paris du Tour de France littéraire


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  • Source des tempêtes (Le livre de l'énigme tome 1) - Nathalie Dau

    Source des tempêtes (Le livre de l'énigme tome 1)éditions Les moutons électriques, fantasy, 448 pages

     

     

     

     

     

    Synopsis : Les ténèbres ont un cœur de lumière.
    Je l’ai su quand j’ai vu l’enfant dans la tempête. J’ai entraperçu l’azur de sa magie étrange et intense, mon univers s’est métamorphosé. Moi qui me sentais si seul, si désespéré, j’ai découvert soudain pourquoi j’étais venu au monde : pour protéger celui qu’on m’a donné pour frère. Un frère pas tout à fait humain, pas tout à fait possible. Le protéger des autres et de lui-même : des décisions qu’il voudrait prendre afin de résoudre sa maudite Énigme. Car ce petit est doué pour se mettre – nous mettre – en péril ! Mais j’ai la faiblesse de croire que je suis plus têtu que lui.


     Pourquoi ce livre ? C'est Lianne du blog De livre en livresqui m'avait très sérieusement mis l'eau à la bouche en parlant de ce livre sur son suivi-lecture et dans sa chronique, et c'est l'auteure, elle même, qui a achevé de me convaincre lors des dernières imaginales d'Epinal. Je tiens, au passage, à la remercier pour sa gentillesse et sa grande disponibilité.

    Mon avis : Nathalie Dau nous entraîne ici dans un monde fantasy où la magie (le drac) est présente partout et presque en tout le monde, un monde où l'équilibre à été rompu avec l'élimination des mystérieux mages bleus. Ce sont désormais l'ordre et le chaos qui se battent pour asseoir leur influence ; il reste cependant, un espoir : une prophétie ! mais encore faut-il résoudre l'énigme de Namuh ...

    Dès le début, la prise de contact avec notre jeune "héros", Cerdric est assez rude ! on est tout de suite plongé dans l'ambiance, ce livre est plutôt très sombre ! Il est né seigneur, pourtant sa jeunesse n'a pas été des plus enviables. Sa mère n'a jamais voulu de lui, elle le rejette, elle le déteste et ne se gêne pas pour le lui rappeler ; forcément tout ça va se ressentir sur le caractère de notre personnage. Il va nous faire ressentir beaucoup de choses très contradictoire, on va ressentir pas mal de compassion pour lui, mais on aura surtout envie souvent de lui retourner une bonne paire de baffe et de le secouer pour le réveiller ! Un peu pleurnichard, pas forcément toujours très courageux, et complètement réfractaire au Drac, c'est un personnage complexe et bien campé qui n'a pas grand chose du "héros parfait" et auquel on aura somme toute un peu de mal à s'attacher. A l'opposé Ceredawn, son demi frère, à moitié humain et à moitié rive, possède un drac absolument exceptionnel, il est calme, posé, c'est une maturité d'adulte dans un corps de garçonnet. En effet Ceredawn n'est âgé que de neuf ans, et c'est lui qui semble être l'objet de la prophétie. Lui, est extrêmement attachant, on a tellement envie de l'aider à vivre un peu sa vie d'enfant.

    C'est donc ce duo atypique, dont nous allons suivre l'évolution dans un monde des plus captivant. L'univers de Nathalie Dau est en effet très riche, très recherché. Tout est soigné jusque dans les détails, même l'espace temps n'est pas tout à fait le même que chez nous. Si l'intrigue basé sur une prophétie avec le dernier descendant d'une caste perdue peut sembler assez classique, elle est vraiment bien étoffé et ne donne absolument aucune impression de déjà vu. On plonge dans cet univers très noir et on se laisse porter par une histoire basée sur des conflits très politiques. Le rythme est assez lent et l'action assez peu présente, mais l'immersion dans ce monde est telle, que je ne me suis pas ennuyé une seule seconde, chaque fois que j'ouvrais ce livre je m'évadais ! Outre cet aspect politique de ces conflits, nous seront également en présence de conflit raciaux. Les rives et les marnes, deux races quasiment disparue sont en effet réduite en esclavage par les hommes ou carrément à l'état d'objet. Si j'ai moi aussi été complètement fasciné par les rives, je reste un petit peu frustré d'en savoir si peu sur les marnes, mais je pense que ceci sera réparé dans le second tome.

    Et pourtant pour moi, le véritable point fort de ce livre réside dans la plume de l'auteure ! Une découverte totale pour moi, et quelle découverte !! Je suis complètement tombé sous le charme de son écriture ! Elle est riche et soutenue, et pourtant plutôt très fluide. J'ai particulièrement aimé la façon dont l'auteure arrive à insuffler de la poésie jusque dans les passages très sombre, et il y en a ! Je n'irai pas jusqu'à dire choquant, mais il y a des moments franchement dérangeant ; l'auteur nous bouscule un peu, et je dois avouer que j'adore ça !

     

    En bref, un livre franchement excellent, même s'il n'est pas forcément accessible à tout le monde ; le lecteur de fantasy exigeant en sortira ravi à coup sûr !! Si le livre passe à un cheveux du coup de cœur pour un ou deux menus détails, le coup de cœur est total pour la plume de l'auteur ! Elle est de ce type de plume qui me ferait lire absolument n'importe quoi. Un dernier mot sur le livre en tant qu'objet, il est absolument magnifique ! Moi l'adepte de l'ebook, je vous le dit, ce livre, il faut ABSOLUMENT l'avoir en version papier !! Vivement le mois de mars et le tome 2 !!

    Ma note : 18/20

    Ce livre a été lu dans le cadre du challenge :

    Déstockage de PAL en duo : le vrai défi partie 2

    ainsi que pour valider le département des Alpes maritimes du Tour de France littéraire


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  • Frédéric Dard

    Fredéric Dard

    C'est à Jailleu (Isère), qu'est né Frédéric Charles Antoine Dard, le 29 juin 1921. Il démarre assez mal dans la vie puisqu'il est né avec le bras gauche inerte, ce handicap fera de lui quelqu'un de très complexé. Son père, à la tête d'une entreprise de plomberie, chauffage fera faillite, ce qui poussera la famille Dard à déménager à Lyon. Élève moyen et mauvais en orthographe, il intégrera finalement une école de commerce à Lyon. Son attrait pour l'écriture, lui est venu très jeune. Il se plaisait même à dire : "J'écrivais avant de savoir écrire". Il se tournera donc vers le journalisme en commençant par le bas de l'échelle. Il commence par être simple coursier puis, secrétaire de rédaction et courtier en publicité, il écrit alors des billets d'humeur et des critiques littéraires. C'est en 1940 qu'il publie pour la première fois une nouvelle, La peuchère. (Aujourd'hui, un exemplaire original de cette nouvelle se négocie autour de 2000 €) Son premier roman, Monsieur Joss, sera publié l'année suivante, décrochant le prix Lugdunum qui lui assure alors une petite notoriété régionale. En 1942, il se mariera avec Odette, qui lui donnera deux enfants, Patrice et Elisabeth.

    Il gagne alors sa vie en écrivant des nouvelles et des livres pour enfant, bref il fait dans l'alimentaire. A la fin de la guerre, il montera, avec un imprimeur lyonnais, les éditions de Savoie qui se démarquera avec des éditions illustrés de grands classiques de la littérature française comme ceux de Balzac. En effet Frédéric Dard a l'amour de la littérature classique, il avouait avoir très peu le temps de lire, mais se plaisait à se faire au moins un grand classique par an. L'affaire marche plutôt bien et lui assure un certain confort financier qui lui donne le temps d'écrire. C'est dans ces années là, qu'il rencontre Georges Simenon. Ils travailleront ensemble sur le montage de pièces de théâtre. Le papa de Maigret lui préfacera même un des ses romans : Au massacre mondain. La notoriété commence à venir, le triomphe, même, avec l'adaptation d'un roman de Simenon, La neige était sale qui révélera l'acteur Daniel Gélin. Par contre George Simenon dénigrera publiquement le rôle de Frédéric Dard, le divorce sera alors consommé ! Il ne délaissera pas le théâtre pour autant, mais c'est avec Robert Hossein qu'il travaillera désormais. Selon une confidence de sa fille, Robert sera d'ailleurs son seul VRAI ami. Leur collaboration permettra entre autre de révéler, un jeune acteur : Roger Hanin, dans la pièce Les salauds vont en enfer.

    C'est sa femme qui lui donnera l'idée d'écrire un polar "à l'américaine", il écrira alors le tout premier San-Antonio ! Il a choisi ce pseudonyme en pointant le doigt au hasard sur une carte des Etats-Unis, et c'est la ville du Texas qui sortira. Son fils confiera même qu'il a failli ne pas retenir ce pseudonyme, car il ne faisait pas tellement américain. Frédéric Dard lui a juste ajouté un trait d'union pour franciser un peu le mot et se l'approprier. (Attention il ne faut surtout pas l'oublier ce trait d'union, l'auteur y tenait beaucoup, il était même assez susceptible par rapport à cela) C'est donc en 1949 que sortira Réglez lui son compte ! Publié à seulement 500 exemplaires, ce livre fera un véritable bide ! C'est Jean Bruce, le papa d'OSS 117, qui en découvrant par hasard ce livre, le fera lire à Armand de Caro, le directeur des éditions Fleuve noir. Ce dernier lui commandera un second volet de San-Antonio. Laissez tomber la fille est né et avec lui l'une des plus grande saga de la littérature Française !

    Ce deuxième tome est en effet un véritable succès ! Désormais Frédéric Dard va pouvoir se consacrer de plus en plus à l'écriture. Et pour écrire, il va écrire ! Véritable drogué à l'écriture, c'est un bourreau de travail, il écrit tout le temps ! Il gardait toujours en tête cette maxime apprise par son père : "Il n'y a que deux choses qui vaillent le coup dans la vie : Le sexe et le boulot !". Il s'impose d'écrire au minimum, trois pages par jour. Sa fille confiera qu'il était capable de rester trois jours sans prononcer le moindre mot, même à son entourage tellement il était plongé dans son travail. Il était tellement obsédé par l'écriture que même quand il écrivait à sa famille, il romançait tout. Il a tellement eu de pseudonymes différents et a tellement publié, qu'il est extrêmement difficile de vouloir quantifier son oeuvre. Dans les débuts de San-Antonio, il considère cette saga comme uniquement alimentaire, et espère toujours écrire "un grand roman" sous son vrai nom. Il écrit alors environ un roman sous son vrai nom pour trois San-Antonio. Boudés, voire même incendiés par les critiques et le mondes littéraires, le succès populaire de San-Antonio est total et les ventes s'envolent ! Dans le même temps les romans de Frédéric Dard se vendent tout aussi bien, et commencent à trouver grâce auprès de la critique. Certains le comparent même à Louis Ferdinand Céline ! (Il devait en être extrêmement flatté car il vouait une admiration absolu à l'oeuvre de Céline, alors qu'il détestait l'homme notoirement antisémite. Il déclarera que pour lui Mort à crédit est Le chef d'oeuvre du XX ème siècle) C'est Jean Cocteau qui le premier du monde littéraire qui reconnaîtra son talent, il dira : "Votre vermotisme est une merveille de grâce". Plus tard Jean Dutour essayera même de le faire rentrer à L'académie Française. Frédéric Dard a toujours dit qu'il n'était pas intéresse et c'est d'ailleurs toujours assez largement moqué de cette institution dans ses livres. Personnellement j'ai toujours ressenti ces railleries comme une frustration de n'y être jamais rentré.

    C'est en 1965 que son succès atteindra son apogée, avec L'histoire de France vue par San-antonio, qui sera la meilleure vente de l'année en France avec 350 000 exemplaires vendus !!! Au total, ce Hors-Collection de San-Antonio dépasse le million d'exemplaire vendus !!! C'est à cette période également que les chiffres de ventes des San-Antonio dépasseront ceux des Frédéric Dard. San-Antonio finira par éclipser complètement Frédéric Dard ; il sera même obligé d'obtenir de l'administration française qu'elle appose "dit San-Antonio" sur son passeport, ce qu'il obtiendra. Fort des ces succès Frédéric même la grande vie et dépense à tout va. La sortie d'un nouveau San-Antonio est toujours un événement ; la sortie Du standinge selon Bérurier sera lancée en grandes pompes chez Maxim's ! Quand on connait le contenu de l'oeuvre on se rends compte du sens de l'humour et du pied de nez du bonhomme ! Les aventures de San-Antonio commencent même à s'exporter puisqu'elles sont traduite en italien, en japonais, en danois, en grec, en anglais, en finnois ... Bref succès total et absolu ; seulement Frédéric commence à péter un câble et finis même carrément par se pendre. Il ne sera sauvé que de justesse et sombrera tout de même plusieurs heures dans le coma !  

    Cette alerte le fera réagir, il commencera par divorcer. En 1968 il se remariera avec Françoise Caro, la fille du fondateur des éditions Fleuve noir. De cette nouvelle union naîtra Joséphine en 1970, et le couple adoptera la même année le petit Abdel, un tunisien handicapé. Il fera alors bâtir le somptueux chalet San-Antonio dans la très huppée villa de Gstaad. Las des mondanité et de la sphère médiatique, il revendra cette dernière pour s'installer dans la plus modeste ville de Bonnefontaine, toujours en Suisse. Il se concentrera alors sur la chose la plus importante à ses yeux, sa famille et se laissera porter par sa vocation artistique contrarié, la peinture. C'est 1983 que surviendra le drame de sa vie !

    Sa fille, Joséphine est enlevée par le cadreur d'une émission de télé venu chez lui pour l'interviewer. Il s’acquittera d'une rançon de 2 millions de francs suisse pour la revoir. Pied de nez du destin, San-Antonio était en train d'achever son roman Faut-il tuer les petits garçon qui ont les mains sur les hanches où il est justement question de l'enlèvement d'une enfant. Le malfaiteur sera arrêté le mois suivant et la rançon sera restituée mais il ne se remettra jamais totalement de ce drame.

     En 1993, il sera le premier écrivain français à avoir un dictionnaire qui lui soit entièrement consacré. Cet ouvrage regroupe toute les citations bons mots qu'il a écrit, mais également tous les mots ou néologismes qu'il a inventé ou détourné de langue française ou de l'argot. Il continuera à écrire à un rythme de 4 romans par an, jusqu'à ce qu'il passe le relais à son fils Patrice pour que San-Antonio continue à vivre. La rumeur veut d'ailleurs que son dernier roman Céréales-killer ait été écrit à quatre mains avec son fils. Un très bon ami à moi, malheureusement trop tôt disparu, m'affirmait déceler, dans le livre le moment où Patrice Dard a réellement pris le relais ; personnellement je ne l'ai absolument pas remarqué. C'est donc le 6 juin 2000 que le papa de San-Antonio s'éteindra, il réside désormais boulevard des allongés à Saint-Chef en Dauphiné, son village natal. Ces derniers mots auraient été :

    AIMEZ VOUS !

     

    Frédéric Dard restera un des auteurs les plus prolifiques de la littérature Française, avec pour les seuls romans signés San-Antonio, 200 livres pour plus de 220 millions d'exemplaires vendus. C'est un auteur qui souffre de beaucoup de préjugés et de dédain, on l'a beaucoup trop souvent catalogué, politiquement notament, en le disant de droite, parce qu'il prônait la méritocratie ; il a pourtant signé le registre de condoléance de Georges marchais et vouait une véritable admiration à François Mitterand en tant qu'homme alors même qu'il l'a sérieusement égratigné dans ses romans comme dans Après vous, s'il en reste monsieur le président. Il souffrait aussi de son image franchouillarde, chose qu'il assumait d'ailleurs très bien, il disait : " Bérurier, c'est mon côté franchouillard, c'est la France que je connais, que j'ai connue. C'est tellement vrai qu'à tout moment on me dit : votre Béru, c'est bienUntel ou Tel autre ? Tout le monde a son Bérurier en réserve ! " J'ai personnellement toujours vu Fréderic Dard, à travers les presque 100 bouquins que j'ai lu comme un grand humaniste, je toujours également ressenti Antoine San-Antonio comme l'homme qu'il aurait rêvé être.

    J'ai appris beaucoup de choses sur lui en faisant ce modeste travail de recherche, nottament que Frédéric Dard était un grand pessimiste et un grand stressé, alors même que je l'imaginais rigolant tout le temps; Il était également plutôt obsédé par la mort et broyait souvent du noir. Il avait d'ailleurs réservé sa concession mortuaire et fais érigé sa stèle bien avant d'en avoir besoin, il n'avait pousser jusqu'à rédiger son propre épitaphe, mais tenais absolument à ce que San-Antonio y figure.

    Il disait toujours : "puisqu'on est tous amené à finir dans un  trou, pourvu qu'il y ait du poil autour !"

    Quelques citations passées à la postérité :

    " - L'amour, ça ne se dit pas d'abords, ça se fait ! "

    " - La chasse aux cons est un safari sans espoir. "

    " - L'intelligence, c'est la tolérance. Elle ne doit s'insurger que contre la connerie ! "

    " - Le con ne perds jamais son temps, il perd celui des autres."

    " - La langue française à été inventée pour écrire l'amour, comme les français pour le faire."

     

    J'ai rédigé ce billet en pensant en permanence à toi, Eric, toi le meilleur ami de Papa, qui était devenu bien plus que ça pour nous tous. Toi, le fan inconsidéré de San-Antonio ; toi qui, un peu plus que les autres était Bérurier ; toi enfin qui m'a refilé ce virus dont je serais bien incapable de me défaire. Qu'est ce que ton rire et ta gouaille peuvent nous manquer ! Toi qui me regarde de là haut ; Salut !

    Ce billet que vous trouverez sans doute interminable, et que n'aurez sûrement lu qu'en diagonale

    a été écrit, pour l'équipe cœur dans le cadre du challenge :

    Le défi des 4 as

     

    Sources : Wikipédia ; La face caché de Frédéric Dard publié sur Lefigaro.fr ; La vie trépidante de Frédéric Dard, dit San-Antonio publié sur l'express.fr ; les archives télévisuelles de ina.fr ; ainsi que les quelques 100 San-Antonio que j'ai lu jusqu'à présent.

     


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  • Meurtres d'outre tombe - Bernard Simonay

    Meurtres d'outre tombeéditions Calmann-Lévy, ebook, policier

     

     

     

     

     

     Synopsis : Touraine, août 2014.

    Un squelette est découvert au fond des cavernes de Parçay, petit village de la vallée du Cher. L’identification est rapide : il s’agit d’un touriste argentin disparu dix ans plus tôt. Faute d’indice, l’enquête conclut au crime d’un rôdeur.
    Trois mois plus tard, une lettre anonyme accuse une femme, âgée de quatre-vingt-quinze ans, d’avoir fait injustement condamner à mort une certaine Lise Levasseur. Celle-ci est morte depuis soixante ans. Mais de sa liaison avec un officier allemand, elle a eu un fils…
    Quelque temps après, une série de meurtres particulièrement abominables horrifie la région. Le tueur s’attaque à une même famille, n’épargnant pas les enfants.
    Le commissaire Moreno du SRPJ de Tours est convaincu que ces trois affaires ont un lien entre elles. Aidé de son amie romancière, Karine Delorme, il est bientôt entraîné dans les méandres d’une histoire criminelle terrifiante qui plonge ses racines dans le chaos de la Seconde Guerre mondiale...


     Pourquoi ce livre ?  C'est tout simplement ma copinaute Cassie, fan absolue de l'auteur qui a su me convaincre. Après m'avoir fait découvrir Gemmell et Pevel dont je suis raide dingue, c'est maintenant le tour de monsieur Simonay !

    Mon avis : Je dois avouer que très vite dans le livre, j'ai eu une sorte d'appréhension. Une peur d'un schéma trop classique et qui manque d'originalité. Le flic qui se fait aider par un ami écrivain (ou journaliste, ça change pas grand chose), et qui , comme par hasard est du sexe opposé et sensiblement du même âge que lui, franchement, ça sent un peu le réchauffé ! On sait déjà que le dernier chapitre va finir à l'horizontal ! Eh bien, non ! D'ailleurs merci Monsieur Simonay, de ne pas avoir mis d'histoire de cul dans votre roman ! Pour qu'une fin de polar soit réussie, il n'est pas nécessaire que l'enquêteur culbute son second !! (Dan Brown, si tu passes par là, j'adore tes romans, mais tes fins de bouquin dans les chambre d'hôtel, j'en peux plus ! Je sais, c'est hors-sujet, mais ça fait du bien lol ) 

    Même sur l'enquête elle-même, cette appréhension d'un manque d'originalité c'est faite sentir, j'ai malgré tout été assez vite rassuré à ce sujet également. L'affaire, en apparence, un banal "cold case" qui a tout d'un accident, va très vite être occulté par une affaire bien réelle qui semble graviter autour d'une vieille famille bourgeoise qui a très mauvaise réputation. Un tueur en série semble s'acharner ! L'intrigue est vraiment mené d'une manière très intelligente, elle a de nombreuses ramifications et les fausses pistes sont nombreuses ! La plume de l'auteur est vraiment très simple et entraînante, vous voilà prévenus ; ce roman ne se lit pas, il se dévore !

    J'ai vraiment adoré la façon dont l'auteur arrive a ancrer les sources de cette histoire dans la seconde guerre mondiale, sous l'occupation. Et il n'est pas tombé dans le piège de la vision manichéenne de cette période trouble de notre histoire, ça aussi, c'est une grande qualité à mes yeux. Il est question totalement du genre d'histoire qu'on pu me raconter mes grand-parents à ce sujet.

    Du côté de l'environnement de cette histoire, c'est avec plaisir que je me suis promené dans cette magnifique région de France qu'est la Tourraine, d'autant que je suis allé très récemment en vacance tout à côté du théâtre des opérations. Les personnages sont très bien soignés également. J'ai évidemment adoré Karine, notre écrivaine sacrément cabossée par la vie et son histoire familiale des plus chaotique ; ainsi que Marc Moreno, notre enquêteur qui va devoir lutter contre le laxisme et les raccourcis de son supérieur hiérarchique un poil carricatural. Mes personnages préférés sont cependant les Varnier, Eugénie dite "la mère grippe-sou", et Victor, son fils, que l'on adore détester, il sont des plus savoureux ! Un personnage, qui m'a plus particulièrement touché, c'est Didier, le père de Karine.

    En bref, un vrai policier, sans la moindre touche de thriller, vraiment très efficace et bien plus original que ce qu'il ne pourrait paraître. Une belle découverte de l'auteur ! C'est avec plaisir que je lirai l'autre polar de la série Karine Delorme, eh oui, l'autre ; il n'y en aura malheureusement plus, puisque l'auteur est décédé cette année. 

    Ma note : 15/20

     

    Ce livre à été lu, pour l'équipe cœur, dans le cadre du challenge  :

    Le défi des 4 as

     

    ainsi que pour valider le département de l'Indre et Loire du Tour de France littéraire


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