• La trilogie Berlinoise - Philip Kerr

    La trilogie Berlinoiseéditions Le masque, policier, ebook

     

     

     Synopsis : "Contient :

    - L'Été de cristal
    - La Pâle Figure
    - Un requiem allemand"

    Publiés pour la première fois dans les années 1989-1991, L'été de cristal, La pâle figure et Un requiem allemand évoquent l'ambiance du Ille Reich en 1936 et 1938, et ses décombres en 1947 Ils ont pour héros Bernie Gunther, ex-commissaire de la police berlinoise devenu détective privé. Désabusé et courageux, perspicace et insolent, Bernie est à l'Allemagne nazie ce que Phil Marlowe était à la Californie de la fin des années 30 : un homme solitaire témoin de la cupidité et de la cruauté humaines, qui nous tend le miroir d'un lieu et d'une époque. Des rues de Berlin " nettoyées " pour offrir une image idyllique aux visiteurs des Jeux olympiques, à celles de Vienne la corrompue, théâtre après la guerre d'un ballet de tractations pour le moins démoralisant, Bernie va enquêter au milieu d'actrices et de prostituées, de psychiatres et de banquiers, de producteurs de cinéma et de publicitaires. Mais là où la Trilogie se démarque d'un film noir hollywoodien, c'est que les rôles principaux y sont tenus par des vedettes en chair et en°os.*Heydrich, Himmler et Goering...


    Pourquoi ce livre ? Il y  a un an ou deux maintenant que j'ai fais la connaissance de Philip Kerr et de son Bernie Gunther avec Prague Fatale. Je suis alors tombé littéralement amoureux de la plume de l'auteur et de son personnage ! C'est donc naturellement que j'ai eu envie de me remettre à ses aventures en commençant par le début. La seule chose que je me demande maintenant que j'ai fini cette trilogie, c'est pourquoi et comment j'ai fais pour attendre si longtemps ?

     Mon avis : 

    L'été de Cristal : Berlin 1936 à la veille des Jeux Olympiques. Bernie Gunther, ex Kommissar de la Kripo, est désormais un détective privé qui peine à joindre les deux bouts. Un riche industriel lui propose une somme d'argent substantielle pour résoudre l'énigme de l'incendie dans lequel sa fille et son gendre ont perdu la vie. Le coffre fort a été vidé avant l'incendie, il contenait des papiers professionnels important mais aussi et surtout un bijou d'une valeur complètement indécente  dans cette Allemagne de privation. C'est surtout ce bijou que Bernie va devoir retrouver, mais pourquoi l’existence de ce bijou à t-elle était caché à la police ?

    La pâle figure : Berlin 1938. L'entrée en guerre se profile, Bernie Gunther va réintégrer la Kripo pour enquêter sur un tueur en série, qui semble réaliser des crimes rituels. Les victimes : De jeunes femmes blondes aux yeux bleus et tout dans la mise en scène semble accuser la communauté juive.

    Un requiem Allemand : Vienne 1947, Bernie Gunther, redevenu détective privé, y est envoyé par un officier russe afin de tenter d'innocenter un de ses anciens collègue à la Kripo, détenu et condamné à mort par les américains, pour le meurtre d'un capitaine de l'armée américaine. Mais pourquoi cet officier des renseignements russe tente de sauver des griffes des américains, cet ancien Nazi ?

     

    La première chose que l'on peut remarquer c'est que d'adopter le point de vue allemand pour cette période sur laquelle les récits pullulent est très original. L'ambiance de ces romans s'en ressent, forcément. C'est un des gros point fort de ce livre, elle est extrêmement bien rendu, et donne une grosse dose de noirceur aux aventures de Bernhard Gunther. L'auteur n'hésite d'ailleurs pas à utiliser pas mal de mots allemands dans son récit. Les noms de lieu et les grades des militaires ne sont pas traduits par exemple, ça rends vraiment l'immersion du lecteur totale. Ce qui est très agréable également avec ces romans, c'est qu'ils sont très loin d'être aussi manichéen que tous les récits que l'on voit habituellement sur cette période troublée. On se rends compte par exemple, que les allemands étaient loin d'être tous nazis et favorable au régime. Ça peut paraître évident, mais c'est tellement peu mis en avant habituellement. Comme vous pouvez le voir le contexte historique est fort, l'auteur va d'ailleurs jusqu'à faire d'Heydrich, d'Himmler ou de Goering, de véritables personnages ! Avouez que rien que ça, ça fait froid dans le dos ! Les faits historiques sont d'ailleurs bien respectés, et quand une fois, il prend une liberté de ce côté pour servir l'intrigue, il rétablit la vérité dans une note en bas de page.

    Puisque nous parlons personnage, venons en à notre héros : Herr Gunther. Très charismatique, il a vraiment très mauvais caractère ; c'est une véritable tête de cochon. Il n'a peur de personne, n'aime pas se faire manipuler et n'hésite pas à dire ce qu'il a sur le cœur, TOUT ce qu'il a sur le cœur ! Un peu cynique, il est surtout très perspicace quand il s'agit de jauger ses contemporains. C'est aussi un fonceur qui se donne tout entier à ses enquêtes. Bref, je suis dingue de ce type d'une grande valeur morale, même s'il est loin d'être tout blanc.

    Les intrigues, sont extrêmement soignées. La plume aiguisée  et efficace de l'auteur va vous tenir en haleine tout au long de ce récit où fausses pistes et leurres sont légions. Les dénouements sont toujours surprenant ! Il n'y a que dans l'été de cristal que j'ai senti venir une toute petite partie d'un nœud de l'intrigue, pour tout le reste j'étais dans le flou le plus total jusqu'au bout ! Une mention toute particulière pour le dernier volet de cette trilogie où il se sert de l'intrigue pour nous interpeller sur les conditions de dénazification de l'Allemagne ; et le moins qu'on puisse dire c'est que c'est incroyablement crédible, voir même probable ...

    En bref, une excellente trilogie de cet auteur qui s'impose à mes yeux comme un maître du polar historique ! Un coup de cœur absolu pour ce chef d'oeuvre de noirceur, on en redemande. Et ça tombe bien car bien que cette trilogie ait été écrite pour se suffire à elle même, d'autres épisodes ont vu le jour, on se replacera alors pendant la guerre à proprement parlé. Une chose est sûre, je n'attendrais pas un an pour me replonger dans les aventures de Bernie !

    Ma note : 19/20           La vérité sur l'affaire Harry Québert

    Petites citations : 

    "L'appartement était de la taille d'un modeste aéroport, et à peine plus luxueux qu'un décor de Cécile B. de Mille, dont une photographie était justement posée, parmi bien d'autres, sur l'immense piano. A côté du décorateur qui avait conçu l'agencement de l'appartement, l'Archiduc Ferdinand semblait avoir autant de goût qu'un nain de cirque turc."

    "Sa beauté n'était pas de celles qui s'en vont au matin sur les oreillers tâchés de maquillage. C'était le genre de beauté qui rend un homme fier que son enfant ait une telle mère."

     

    Ce livre a également été lu dans le cadre des challenges :

    http://2.bp.blogspot.com/-EbKElB1PJXQ/VieSntwiviI/AAAAAAAAF2A/HtFTayWRDgg/s320/abc2016.jpg

    Déstockage de PAL en duo : le vrai défi partie 2


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  • Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur - Harper Lee

    Ne tirez pas sur l'oiseau moqueuréditions Le livre de poche, drame, 447 pages

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Synopsis : Dans une petite ville d'Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d'office pour défendre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche. Celui-ci risque la peine de mort.


    Pourquoi ce livre ? Après l'échec de notre première lecture commune, nous avons décidé avec Kyradieuse, de retenter une LC avec ce livre. Après avoir proposé cette lecture dans le cadre du challenge Lire ensemble, nous avons été rejoint par Claire_DLB, Elyzewin, Sapotille et Stelphique.

     Mon avis : Je n'ai pas grand chose a rajouter par rapport au synopsis en ce qui concerne le résumé, il est plutôt bien fait. Ce livre étant un véritable phénomène de librairie, je dois dire que j'attendais beaucoup de cette histoire ! Même la quatrième de couverture annonce la couleur avec un extrait de chronique : "Un phénomène comparable à L'attrape-Cœurs de Salinger, et donc l'un des plus beaux livres jamais écrits." Laissez moi vous dire que cet avis me laisse très perplexe, je ne connais pas L'attrape-Cœurs, mais je suis très loin de partager la fin de la citation !

    Toute l'histoire est raconté par Scout qui nous livre, adulte, ses souvenirs d'enfance. Vu le synopsis je m'attendais à ce que le procès prenne une place très importante dans le livre. Si le procès est effectivement au centre de l'intrigue, il occupe une place en terme de volume finalement assez peu importante ; à peine un gros quart du livre.

    On arrive au premier point faible du livre : c'est TRÈS long à démarrer. Scout nous raconte dans une bonne première moitié du livre, ses souvenirs d'enfance, enfin des souvenirs de son quotidien d'enfant pour être plus précis. Seulement, cette partie peine à nous mettre réellement dans l'ambiance. Elle est sensé nous faire prendre contact avec la vie quotidienne dans cet Etat pauvre des Etats-Unis qu'est l'Alabama. Etat, où la ségrégation raciale est restée très ancrée et pendant très longtemps. Pour moi, ça a eu beaucoup de mal à le faire ; je suis vraiment rentré difficilement dans cette histoire. Tout d'abord, l'auteur essaye de jouer sur le coté naïf de Scout pour nous attendrir, sauf que vu le lieu et le contexte je ne peux m'empêcher de penser au magnifique, que dis-je au sublime Forrest Gump ! Force est de constater, que le livre, qui a peut être inspiré le film, dans son début au moins, souffre énormément de la comparaison. (J'ai conscience cependant que je ne suis absolument pas objectif en ce qui concerne ce film que j'ai du voir une bonne centaine de fois et que je connais presque par cœur) Donc voilà Scout n'a pas réussi à tellement m'attendrir ! Autre chose qui m'ai gêné avec Scout, c'est la façon dont elle nous raconte ses souvenirs. Elle est adulte quand, elle nous les raconte, mais je trouve que ses souvenirs sont du coup, trop détaillés, notamment dans scènes banales du quotidien pour que ce soit crédible. Elle nous raconte, par exemple, avec des détails de grande précision, son premier jour d'école à l'âge de 6 ou 7 ans ; essayez de vous en souvenir du votre, vous verrez ! Les souvenirs sont très intellectualisés, et c'est sûrement ce qui m'a éloigné de cette candeur que cette petite fille était censé nous faire ressentir.

    Une fois cette partie "de broderie" j'ai envie de dire, on arrive au procès à proprement parlé, et nous faisons plus ample connaissance avec Atticus. Là, le livre change, on est pris, on est captivé, on est fasciné par cet homme d'une grande humanité et incroyablement moderne, qui se bat bec et ongles pour son client même s'il sait le procès quasi perdu d'avance. On a le droit à beaucoup de réflexions de tolérance, de justice ... Le message est magnifique, le livre se charge en substance, cette partie est un vrai régal ! Surtout qu'il faut replacer ce livre dans le contexte, il est sortie aux Etats-Unis dans les années soixante. La ségrégation faisait alors rage dans le pays, ce livre prends alors une dimension militante très forte, et a certainement contribué à faire avancer les choses.

    Malheureusement tout cela ne dure pas tellement et l'après procès peine à maintenir notre intérêt en éveil. Et quand l'intrigue, reperd de l'intérêt on remarque a nouveau le style plutôt lourdingue de l'auteure. Il est assez recherché, ce qui ne me gêne pas en soit, mais je ne le pense pas tellement adapté à l'histoire. Sa façon de remplacer les "r" par des apostrophes dans les dialogues, quand ce sont les personnes noires qui parlent, m'a même à la longue, franchement insupporté. La fin, nous fait un peu comprendre les longueurs du début et rattrape donc un peu l'affaire, même si j'ai un petit reproche à faire dont je ne peux évidemment pas vous parler.

    Au final, je ne peux pas dire que le livre soit mauvais, je pense surtout qu'il a assez mal veilli. Quoique, quand on suit l'actualité récente aux Etats-Unis, ce n'est pas si sûr. Je retiendrais surtout ce livre pour le message qu'il fait passer, pour sa substance, rien que pour ça, il vaut toujours la peine d'être lu, mais la forme laisse franchement à désirer. 

    Ma note : 13/20

    N'oubliez pas d'aller jeter un oeil aux avis de mes co-lectrices : KyradieuseStelphique

     

    Challenge lire ensemble


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  • Confessions d'un automate mangeur d'opium - Fabrice Colin ; Mathieu Gaborit

    Confessions d'un automate mangeur d'opium

    éditions Bragelonne, science-fiction (steampunk), ebook

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Synopsis : Paris, 1899... L'industrie, portée par la force de l'Éther, a révolutionné le monde. Le ciel bourdonne de machines volantes, les automates sont partout qui agissent au service des hommes, hommes qui communiquent entre eux par téléchromos d'un continent à un autre. Dans cette ville moderne où s'ouvre une éblouissante Exposition Universelle, une jeune comédienne, Margo, aidée de son frère psychiatre, enquête sur la mort mystérieuse de son ex-maîtresse et d'un singulier personnage créateur de robots... 

    Écrites à deux mains par deux jeunes auteurs incroyablement doués, ces Confessions d'un automate mangeur d'opium sont un bonheur d'imagination et de virtuosité littéraire, à découvrir au plus vite. 


     

    Ce livre a été lu en commun avec Nanounette dans le cadre du challenge Déstockage de PAL en duo. Nous sommes donc ici dans un roman steampunk, je précise que ma seule expérience dans le domaine se résume au film Wild wild West avec Will Smith. Autant dire que ce roman constitue pour moi, une véritable découverte du genre.

    Mon avis : Paris, 1899 et son exposition universelle. 

    Margo, comédienne à succès qui s'illustre actuellement dans le rôle de Juliette au théâtre, apprends la mort de sa meilleure amie qui a fait une mystérieuse chute d'un aérostat. Cette mort lui paraissant suspecte, elle décide d’enquêter sur ce qui est officiellement un suicide. Elle va entraîner son frère Théo, célèbre aliéniste , dont elle est très proche dans sa quête de vérité. Seule indice en leurs possessions un poème que la victime tenait froissé dans sa main. Ce poème rappelle à Théo, un de ses anciens patients, mais quand il recherche son dossier, il se rends compte que tout à disparu, c'est comme si ce patient n'avait jamais existé ...

    Comme l'indique le résumé, on est plutôt sur une intrigue de type "policier". Je dois avouer que c'est le principal point faible du livre. C'est très linéaire, assez prévisible ; il n'y a pas grand chose de surprenant à attendre de ce coté là !  Mais ce qui pourrait être vu comme un gros handicap, voir être franchement rédhibitoire est bien compensé par les autres qualités du livre.

    La première, la plus évidente : l'univers ! Ce Paris de la belle époque, dont on retrouve tous les standards (les costumes, les spectacles, les starlettes etc ...) avec ces touches de cuivre et de cuir apportées par tous ces petits zeppelins qui le survolent, est franchement magnifique ! Ce Paris, m'a transporté, m'a fait voyager, m'a fait rêver ! L'utilisation de l'éther, cette formidable source d'énergie, permettant de faire fonctionner tous ces automates, quasi omniprésent, pour faciliter la vie des hommes, est fort bien vue et fort bien faite.

    L'éther me permet de vous parler d'un autre point fort du livre : sa substance ! Car en plus d'être un livre dépaysant, ce livre ouvre un certain nombre de réflexions. Cette énergie, découverte assez récemment par l'homme, est encore assez mal maîtrisé. Bien que massivement utiliser, ces effets sur l'homme ne sont pas très bien connu (cela ne vous fait pas penser à quelque chose ?) C'est justement le travail de Théo, il travaille dans un hôpital psychiatrique dans une cellule révolutionnaire de sa conception : Le panoptique. Il y étudie, et tente de soigner, des hommes qui souffrent des conséquences d'une forte exposition à l'éther. Nous aurons aussi le droit à des réflexions sur le pouvoir, la démocratie, les technologies dans le quotidien ...

    Les personnages sont principalement notre duo de narrateur. Le récit se déroule alternativement à travers les yeux de Margo et de son frère. S'ils sont tous les deux très attachants, ma préférence va tout de même au frère plus posé, plus réfléchi. Sa sœur est quasiment son exact opposé, mais le duo fonctionne bien ; j'ai juste trouvé que leur relation était quelques fois assez (trop ?) ambiguë.

    La plume assez entraînante, nous fais rentrer très facilement et très rapidement dans l'histoire, et c'est presque avec regrets que j'ai refermé ce livre ! Je dois bien avouer que j'aurais bien pris du rab ! Un ou deux points auraient mérités approfondissement, même si ça ne gêne en rien. Je pense même que j'aurais beaucoup aimé au moins un autre tome. L'histoire ne se finit pas en queue de poisson, mais je pense que le panoptique à lui seul mériterait un bon tome, il y aurait matière à faire une belle petite saga ; Mais tous ceci n'est que pure gourmandise !

    En bref, un livre qui souffre de quelques défauts, mais qui possède aussi nombre de qualités. J'ai au final, passé un très bon moment de lecture, très dépaysant. Une incursion concluante dans l'univers steampunk. J'y retournerai, c'est sûr ! Si vous avez des recommandations, n'hésitez pas à me les laisser en commentaire.

    Encore un grand merci à ma binôme pour cette LC qui rattrape bien la catastrophe d'Outlander. N'oubliez pas d'aller lire aussi sa chronique, c'est par ici.

    Ma note : 15/20

    Déstockage de PAL en duo : le vrai défi partie 2


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  • Les quarante-cinq - Alexandre Dumas

    Les quarante-cinq

    éditions France loisirs, classique, tome 1 : 443 pages

                                                                                  tome 2 : 445 pages

     

     

     

     

     

     

     

    Synopsis : "Les Quarante-Cinq" constitue le troisième volet du grand triptyque que Dumas a consacré à l'histoire de France de la Renaissance. Il achève le récit de cette décadence de la seigneurie commencé par La Reine Margot et poursuivi avec La Dame de Monsoreau. A cette époque déchirée, tout se joue sur fond de guerre: guerres de Religion, guerres dynastiques, guerres amoureuses. Aussi les héros meurent-ils plus souvent sur l'échafaud que dans leur lit, et les héroïnes sont meilleures maîtresses que mères de famille. Ce qui fait la grandeur des personnages de Dumas, c'est que chacun suit sa pente jusqu'au bout, sans concession, mais avec panache. D'où l'invincible sympathie qu'ils nous inspirent. Parmi eux, Chicot, le célèbre bouffon, qui prend la place du roi. C'est en lui que Dumas s'est reconnu. N'a-t-il pas tiré ce personnage entièrement de son imagination? Mais sa véracité lui permet d'évoluer avec aisance au milieu des personnages historiques dont il lie les destins. Dumas ayant achevé son roman à la veille de la révolution de 1848, Chicot incarne par avance la bouffonnerie de l'histoire.


    Ce livre a été lu dans le cadre d'une lecture commune organisée par Nekotenshi sur Livr'addict. C'est le troisième et dernier tome de la série d'Alexandre Dumas consacrée à la dynastie des Valois.

    Mon avis : Nous sommes ici, un petit peu moins de 10 ans après la fin de La dame de Monsoreau. La tension entres catholiques et protestants est toujours aussi forte, et Henri III, qui se morfond toujours de la perte de ses mignons ; a toujours autant de mal à asseoir son autorité. Henri de Navarre est toujours en Navarre, les guises sont logiquement retournés sur leur terres et le Duc d'Anjou s'étant vu offrir le titre de roi des Flandres essaye de d'en conquérir la couronne. Bien que ses ennemis soient loin de Paris, les complots visant la sécurité d'Henri III semblent nombreux. D'Epernon lance alors l'idée de recruter quarante-cinq hommes d'épées loyaux et courageux, tous gascons, pour constituer une espèce de garde rapproché d'élite du Roi. Mais visiblement, celui qui s'est vu promu Duc compte bien s'en servir également pour ses propres desseins...

     La première chose qui frappe, c'est que ce tome est encore très différent des deux autres ; on pourrait résumé la trilogie comme ceci :

    Trois tomes, trois ambiances, trois type d'intrigue.

    Le premier tome très noir sur fond de conflit familial laisse place à un second très léger, très caustique sur fond de conflit politique. Pour ce troisième volet, nous sommes dans une ambiance très mélancolique, presque nostalgique. Le passé y est très important, c'est l'heure des règlements de compte et d'un thème cher à Dumas : la vengeance. Outre les conflits personnels qui ne sont finalement que des intrigues annexes, on va se concentrer sur des conflits, qui s'ils sont toujours un petit peu politiques, sont surtout militaires. Nous allons effectivement assister à deux véritables sièges. Le premier, celui de Cahors, presqu'une escarmouche tellement il est vite expédié. Il est décrit avec un écriture très maniérée, on est pas du tout dans l'action, pour tout dire je l'ai trouvé ridicule ; au final, on se rend compte que c'est évidemment totalement volontaire et n'est qu'une manière de plus pour Dumas, de prendre partie pour Henri de Navarre en ridiculisant Henri III et son royaume en déclin. D'ailleurs cette prise de position transpire tout au long du livre, le futur Henri IV y est idéalisé, dans son royaume, ses sujets se payent même le luxe d'être heureux de vivre ! Il nous présente un souverain d'une intelligence et d'une perspicacité sans bornes sous des apparences de franche désinvolture ! Il arrive même à se jouer du pourtant redoutable adversaire, qu'est notre bon Chicot. Il est l'acteur principal de ma scène préférée du roman : une passe d'arme entre lui et sa femme tout en sous entendus, non-dit et bluff ; absolument jouissif !!

    J'ai énormément apprécié revoir pas mal de vieilles connaissances dans ce livre, notamment l'allusion en forme de pied de nez à René le parfumeur. Le retour de Diane et Rémy m'a, je dois bien l'avouer, énormément surpris ; voilà que Dumas nous ressert une magnifique histoire d'amitié ! La fidélité et la loyauté de Rémy envers son ancien maître sont absolument impressionnante ! Parmi les nouveaux venu, un, sort franchement du lot : Ernauton de Carmaignes. Quelle classe ! Dumas a vraiment le chic pour nous dresser le portrait de gentilshommes qui sont la définition même de classe et honneur. Il reste tout de même un cran en dessous de Bussy, même si c'est peut-être du au fait qu'il ai un rôle très secondaire.

    Justement, parmi mes regrets, il y a des points de l'histoire que j'aurais aimé voir approfondis. Je sais je suis gourmand lol. J'aurais aimé en savoir plus sur l'intrigue amoureuse entre Ernauton et la duchesse de Montpensier. J'aurais également beaucoup aimé en savoir un peu plus sur le détournement à son compte, des quarante-cinq par D'Epernon. Pour une fois j'ai trouvé une scène un petit peu ennuyeuse dans un Dumas, elle est presque de trop, mais est vraiment toute petite, je pinaille. Et évidemment j'aurais aimé un tome supplémentaire ! ça ne peut pas être le dernier, tout appelle une suite, malheureusement l'Histoire a voulu qu'Alexandre Dumas ne l'écrivit pas.

     En bref, un roman qui me laisse un sentiment légèrement mitigé, qui est certainement du à l'énorme coup de cœur que j'ai eu pour La dame de Monsoreau. Ce dernier volet est pour moi le moins bon de la saga mais reste un très bon roman ! La trilogie dans son ensemble me laissera un excellent souvenir, et me fait seulement regretter qu'elle ne soit pas plus connu du grand public.

    Ma note : 16/20

    Vous pouvez également  aller voir l'avis de Nekotenshi.

    Ce livre a été lu dans le cadre du challenge :

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  • Le chardon et le tartan (Outlander tome 1) - Diana Gabaldon

    Le chardon et le tartan

     

    éditions J'ai lu, historique, 852 pages

     

     

     

     

     

    Synopsis : Au cours d'une promenade sur la lande, elle est attirée par des cérémonies étranges qui se déroulent près d'un menhir. Elle s'en approche et c'est alors que l'incroyable survient : la jeune femme est précipitée deux cents ans en arrière, dans un monde en plein bouleversement ! 1743. L'Ecosse traverse une période troublée. Les Highlanders fomentent un nouveau soulèvement contre l'occupant anglais et préparent la venue de Bonnie Prince Charlie, le prétendant au trône. Plongée dans un monde de violences et d'intrigues politiques qui la dépassent, Claire ne devra compter que sur elle-même pour surmonter les multiples épreuves qui jalonnent ce formidable voyage dans le temps. Elle connaîtra l'aventure et les périls, l'amour et la passion. Jusqu'au moment crucial où il lui faudra choisir entre ce monde palpitant qu'elle aura découvert et le bonheur qu'elle a connu et qui, désormais, lui paraît si lointain...


      Pourquoi ce livre : J'ai acheté ce livre en pensant acheter un livre historique sur un pays que j'adore, puis on m'a mis en garde que c'était quand même beaucoup plus romance, du coup je l'avais un peu relégué dans les bas-fond de ma PAL. C'est Nanounette qui m'a un peu forcé la main en me le choisissant dans le cadre du LDPA ; elle l'a même finalement lu avec moi.

    Mon avis : Bon, autant le dire tout de suite, j'aurais envie de sous-titrer cet article : "Les raisons d'un échec."  C'est donc un billet un petit peu particulier puisque c'est le premier que je vais rédiger sur un abandon de lecture. J'ai déjà lu des livres franchement moyen, mais généralement j'arrive toujours à les finir ; là, c'était au dessus de mes forces ! J'ai fouillé dans ma mémoire, ça fait au moins 5 ans que ça ne m'était pas arrivé, et je ne me souviens même plus du titre !

    Alors je vais parler un peu de l'intrigue, mais je ne pense pas trop vous spoiler car j'ai abandonné dès la page 250.

    En tout premier lieu, je n'ai pas tellement accroché à l'écriture que j'ai même trouvé un peu lourdaude par moment. Si j'ai plutôt bien senti le changement d'époque, je n'ai quasi pas bougé de mon fauteuil. Je n'ai jamais voyagé jusque dans les Highlands, les descriptions de paysages ne m'ont pas fait rêver.

    Qu'est ce que j'ai pu m'ennuyer lors de ces 250 pages ! Il ne s'y pas grand chose de bien palpitant quand même. Alors je sais que sur un pavé comme celui ci et un premier tome d'une série de 12 qui plus est, une certaine mise en place est nécessaire, et ça ne serait même pas choquant de voir un tome entier qui sert à ça, mais l'auteur aurait tout de même pu dynamiser un peu le truc. Je serais de toutes façon assez facilement passé outre, ce n'est pas ça qui m'a décidé à stopper les frais.

     Ce qui m'a sérieusement agacé, ce sont les manques de crédibilité dans la trame. Claire accepte quand même super facilement avoir été projeté dans le passé, elle ne se pose pas plus de question que ça et ne cherche même pas tellement comprendre. Claire à été séparé de son mari pendant presque 6 ans à cause de la guerre, il se sont retrouvé depuis seulement quelques mois, elle essaye d'avoir un enfant, logiquement l'amour pour son mari devrait être au top niveau ; pourtant elle croise Jamie (qui la fais prisonnière quand même je le rappelle) alors qu'elle n'a plus vu son mari que depuis le matin même, qu'elle est déjà en train de succomber au charme de son ravisseur ! Le mec, il est puant, plein de sang et tout et tout, mais non, elle craque ! la nénette, elle est infirmière quand même, normalement l'hygiène s'est primordial pour elle, non ?? Elle est anglaise, donc un ennemi, mais elle ne subit même pas d'interrogatoire, et le seigneur écossais lui file une chambre, ça ne devrait pas plutôt être une cellule, non ??

    Le coup de grâce qui m'a tout fait abandonner m'a été donné par la scène de la chasse. Claire examine un blessé depuis deux minutes que son diagnostic est sans appel, quand le chef de clan lui demande s'il vivra, elle répond non et COUIC ! S'en était trop pour moi ! J'ai pris Claire en grippe comme rarement un personnage de roman. Il y a des personnage que j'aime détester, mais là c'est la narratrice, et ma PAL est tellement grande que j'ai préféré arrêter là mon expérience avec ce phénomène qu'est Outlander.

    J'ai d'ailleurs tellement lu de critiques dithyrambiques sur la série, et c'est un tel phénomène entre les romans et la série que j'ai un peu cru être un extra-terrestre, que je n'avais rien compris. Heureusement cette lecture était commune, et ma copinaute à ressenti sa lecture exactement comme moi, et a elle aussi abandonné. Dans nos échanges, d'autres personnes sont d'ailleurs venu nous conforter dans nos convictions. Comme quoi le phénomène n'est pas si unanime qu'on pourrait le penser. Je ne fustige pas du tout ceux qui sont fan et qui ont aimé, mais j'avoue avoir un peu de mal à comprendre. Mais comme, on dit il en faut pour tous les goûts, cette saga n'était tout simplement pas pour moi.

    Ma note : parce qu'il faut bien en donner une, ne sera pas bonne, comme vous pouvez l'imaginer 4/20 

    Cet échec retentissant est survenu dans le cadre du challenge :

     

    Challenge Livra'deux pour PAL'addict *16*


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